Un numéro audiotel est un numéro surtaxé sur lequel est hébergé un service vocal : l'appelant paie sa communication au tarif annoncé, et une partie de ce prix est reversée à l'éditeur du service. C'est un modèle économique autant qu'une technique : le service se finance par ses appels, sans abonnement ni facturation directe.
Le mot vient des années 1980, quand France Télécom a ouvert la tarification à la minute aux éditeurs de services. Le vocabulaire a vieilli, le mécanisme non : il fait toujours vivre des milliers de lignes en France.
Le principe économique en une phrase
Sur un service classique, l'éditeur paie son opérateur. Sur un service audiotel, c'est l'inverse : l'opérateur paie l'éditeur, à proportion du trafic reçu.
Ce renversement change tout dans la conception d'un service. Ce n'est plus le nombre de clients abonnés qui compte, c'est le temps d'antenne cumulé. Un service qui retient l'appelant sept minutes vaut mieux qu'un service qui en attire trois fois plus mais les expédie en quarante secondes.
Cette mécanique explique aussi ses dérives historiques : allonger artificiellement un appel devient rentable. C'est exactement ce que la réglementation et les règles déontologiques du secteur ont fini par encadrer, et c'est aujourd'hui le premier motif de coupure d'un service par son opérateur.
À quoi sert l'audiotel aujourd'hui
L'image du 3615 a la vie dure, mais les usages réels sont beaucoup plus banals.
L'assistance technique payante. Un éditeur de logiciel ou un fabricant offre une hotline sur un numéro majoré : l'appelant paie le conseil, l'entreprise n'a pas à facturer d'abonnement de support. Attention : ce montage est illégal si l'appel porte sur le suivi d'un contrat en cours ou un service après-vente.
Le renseignement et l'information. Météo spécialisée, disponibilité, horaires, cours, résultats. Un service consulté brièvement mais très souvent.
Les jeux, votes et concours. Le vote télévisé reste un usage massif, sur numéro à l'appel plutôt qu'à la minute.
Les services de mise en relation et de conseil. Voyance, coaching, écoute, conseil juridique de premier niveau. C'est le secteur qui utilise le plus intensivement l'audiotel en France, et celui qui est le plus surveillé.
La conférence téléphonique sans abonnement. Chaque participant paie sa ligne, personne ne s'abonne, le pont se finance seul.
Ce qu'il faut réunir pour ouvrir un service audiotel
Quatre briques, et une seule est technique.
- Un numéro, attribué par un opérateur à partir des blocs que l'Arcep lui a alloués. Vous ne demandez pas votre numéro à l'Arcep directement.
- Un hébergement de service vocal, c'est-à-dire la plateforme qui décroche, diffuse et route les appels. C'est le serveur vocal interactif proprement dit.
- Un contrat de reversement avec l'opérateur hébergeur, qui fixe le palier tarifaire, la part reversée et la périodicité des règlements.
- Un service qui tient la route sur le fond : contenu réel, annonces conformes, tarif affiché partout, et moyen de joindre l'éditeur.
Le point 4 est celui qu'on néglige, et c'est celui qui fait fermer les services.
Ce que ça rapporte, honnêtement
Personne ne peut vous donner un montant sans connaître votre trafic. Le revenu d'un service audiotel dépend de quatre variables qui se multiplient :
- le palier tarifaire retenu, dans les limites de la tranche de numérotation choisie ;
- le volume d'appels effectivement reçus ;
- la durée moyenne de ces appels, pour une facturation à la minute ;
- la part reversée, négociée avec l'opérateur hébergeur.
Méfiez-vous des simulateurs qui promettent un revenu mensuel à partir d'un simple curseur. Ils ignorent systématiquement le taux de raccroché sur l'annonce tarifaire, qui est pourtant la variable la plus décisive : entre un service dont 80 % des appelants restent après l'annonce de prix et un autre où ils ne sont que 20 %, le revenu varie d'un facteur quatre à trafic identique.
Le seul calcul qui vaut se fait sur un trafic mesuré, après quelques semaines d'exploitation réelle.
Les obligations qu'on ne peut pas contourner
Annoncer le prix avant de facturer. Sur les paliers élevés, le serveur doit énoncer le tarif en début d'appel et laisser le temps de raccrocher sans être facturé.
Afficher le tarif partout. Site, publicité, spot, emballage : le numéro ne se publie jamais seul.
Ne pas surtaxer ce qui doit être gratuit. Le service après-vente, le suivi d'un contrat en cours et le traitement d'une réclamation ne peuvent pas être facturés au-delà du prix d'un appel normal. C'est le manquement le plus fréquent, et le plus facile à constater.
Identifier l'éditeur. L'appelant doit pouvoir savoir qui édite le service et comment le joindre autrement que par le numéro surtaxé.
Respecter les règles déontologiques du secteur. Les professionnels des services à valeur ajoutée se sont dotés d'un cadre commun, opposable, qui encadre la nature des services, leur promotion et le traitement des réclamations.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un numéro audiotel ?
C'est un numéro téléphonique surtaxé hébergeant un service vocal, sur lequel une partie du prix payé par l'appelant est reversée à l'éditeur du service. Il permet de financer un service par son trafic, sans abonnement ni facturation directe des utilisateurs.
Quelle différence entre audiotel et numéro surtaxé ?
« Numéro surtaxé » désigne le mode de facturation, « audiotel » désigne l'usage : un service vocal à contenu, financé par ce mode de facturation. Techniquement, ce sont les mêmes numéros.
Peut-on ouvrir un numéro audiotel en tant qu'auto-entrepreneur ?
Oui, rien dans la réglementation ne réserve l'audiotel aux grandes structures. L'opérateur hébergeur applique en revanche ses propres exigences : justificatifs d'identité et d'activité, description du service, et parfois une garantie, car il engage sa responsabilité sur le contenu diffusé.
Combien de temps faut-il pour ouvrir un service audiotel ?
L'attribution du numéro et l'ouverture technique prennent quelques jours. Le délai réel dépend de la validation du service par l'opérateur, qui vérifie la conformité des annonces et la nature du contenu avant d'ouvrir la ligne.
L'audiotel est-il en voie de disparition ?
Non, mais ses usages se sont déplacés. Les services d'information généraliste ont été absorbés par le web, tandis que la mise en relation, le vote, l'assistance payante et les services vocaux professionnels continuent de générer un trafic important.
Qui contrôle les services audiotel ?
Plusieurs niveaux se superposent : l'opérateur hébergeur, qui peut couper un service non conforme, les instances déontologiques du secteur des services à valeur ajoutée, et la répression des fraudes pour ce qui relève du droit de la consommation.
Pour ouvrir un numéro et un service hébergés en France, l'éditeur de ce site exploite sa propre plateforme : serveur-vocal-audiotel.fr ou 01 75 43 18 70.